Impôt sur la fortune aux États-Unis : ce qu’il faut savoir (2026)

Monitoring actif. Nous surveillons ce sujet quotidiennement.

Dernière vérification manuelle : 05 février 2026 · En savoir plus →

Les États-Unis et l’impôt sur la fortune. Un oxymore ? Pas exactement. Laissez-moi vous expliquer pourquoi ce sujet est plus brumeux qu’il n’y paraît.

Si vous cherchez une grille tarifaire claire, des seuils précis, une législation fédérale bien définie sur un impôt sur la fortune aux États-Unis en 2026, je vais vous décevoir. Pas parce que je suis feignant. Mais parce que ce système n’existe tout simplement pas au niveau fédéral. Pas encore. Et c’est là que ça devient intéressant.

L’opacité structurelle : pourquoi il n’y a rien à déclarer (pour l’instant)

Contrairement à certaines juridictions européennes où l’impôt sur la fortune est ancré dans le Code fiscal depuis des décennies, les États-Unis n’ont jamais adopté ce type de taxation au niveau fédéral. Vous ne trouverez donc ni tableau de taux progressifs, ni seuils d’actifs nets, ni exemptions structurées dans l’IRS Code. Zéro.

Pourquoi cette absence ?

Constitutionnellement, c’est compliqué. La taxation directe aux États-Unis est encadrée par des règles strictes. Un impôt sur la fortune nécessiterait probablement une modification constitutionnelle ou une réinterprétation juridique majeure. Les tentatives législatives ont échoué. Encore et encore.

Mais.

Il y a un « mais » énorme.

Les projets fantômes et la menace latente

Plusieurs propositions législatives ont circulé ces dernières années. Des sénateurs progressistes ont évoqué des plans pour taxer la richesse nette au-delà de 50 millions de dollars ($50M), voire 30 millions ($30M). Taux suggérés ? Entre 2 % et 6 % annuels selon les versions. Ces projets n’ont jamais été votés. Ils restent dans les tiroirs. Mais leur existence montre une chose : l’idée n’est pas morte.

Je surveille constamment ces juridictions. Si vous disposez de documents officiels récents concernant l’impôt sur la fortune aux États-Unis, envoyez-moi un email ou revenez vérifier cette page plus tard, car je mets à jour ma base de données régulièrement.

Ce qui existe vraiment : les substituts discrets

L’absence d’un impôt fédéral sur la fortune ne signifie pas que vous êtes libre de toute taxation patrimoniale. Loin de là.

1. La property tax (taxe foncière locale)

Chaque État, chaque comté, chaque municipalité impose ses propres taxes sur les biens immobiliers. C’est une forme indirecte d’impôt sur la fortune ciblant un type d’actif : l’immobilier. Les taux varient énormément. Dans certains comtés du New Jersey, vous pouvez payer jusqu’à 2,5 % de la valeur estimée de votre propriété. Par an. C’est brutal.

Exemple concret : une maison de $1 million dans certaines zones peut vous coûter $25 000 annuellement en property tax. Sans plafond réel. Sans déduction fédérale complète depuis la réforme fiscale de 2017 (plafond SALT à $10 000).

2. L’exit tax (impôt de sortie)

Vous voulez quitter la citoyenneté américaine ? Préparez-vous. Si votre patrimoine net dépasse $2 millions ou si vos impôts annuels moyens sur les cinq dernières années dépassent un certain seuil (environ $190 000 en 2026, ajusté à l’inflation), vous êtes considéré comme « covered expatriate ». Conséquence ? Tous vos actifs sont réputés vendus à leur valeur marchande. Gain en capital fictif. Taxation immédiate. C’est une razzia.

C’est l’un des exit tax les plus agressifs au monde.

3. L’estate tax (droits de succession)

Techniquement, ce n’est pas un impôt sur la fortune *de votre vivant*. Mais c’est une taxation de votre patrimoine net au décès. En 2026, l’exemption fédérale tourne autour de $13 à $14 millions (selon ajustements). Au-delà, taux marginal de 40 %. Certains États ajoutent leurs propres droits de succession. C’est un impôt sur la fortune différé. Une épée de Damoclès.

Comment fonctionne généralement un impôt sur la fortune (contexte global)

Puisque les États-Unis n’en ont pas formellement, permettez-moi de vous expliquer comment ça marche ailleurs. Ça vous aidera à comprendre ce qui pourrait arriver si Washington change d’avis.

Un impôt sur la fortune classique suit ce schéma :

  • Base imposable : Actifs totaux (immobilier, actions, obligations, liquidités, véhicules, œuvres d’art, etc.) moins passifs (dettes, hypothèques).
  • Seuil d’exemption : Souvent entre $500 000 et $5 millions selon les pays.
  • Taux progressifs : Entre 0,5 % et 3 % par an, appliqués sur les tranches dépassant le seuil.
  • Déclaration annuelle : Obligation de valoriser tous vos actifs chaque année. C’est un cauchemar administratif.

Le piège ? La valorisation. Comment évaluer une start-up non cotée ? Une collection de montres rares ? Un portefeuille crypto ? Les administrations fiscales adorent surévaluer. Vous devrez vous battre. Payer des experts. Perdre du temps.

Précautions à prendre aux États-Unis (même sans wealth tax formelle)

Voici ce que je recommande :

Documentez tout

Même si l’impôt sur la fortune n’existe pas aujourd’hui, gardez des traces de la valorisation de vos actifs. Si une loi passe demain, vous devrez prouver votre patrimoine net à une date donnée. L’IRS ne plaisante pas avec les reconstructions rétroactives.

Diversifiez juridictionnellement

Ne concentrez pas 100 % de vos actifs aux États-Unis. Si vous êtes citoyen américain, vous restez taxable mondialement. Mais détenir des actifs offshore via des structures légales conformes au FATCA peut offrir une flexibilité stratégique. Attention : je parle de conformité totale. Pas de comptes cachés. Ça ne marche plus depuis 2010.

Surveillez les États locaux

Certains États américains envisagent leurs propres versions d’impôt sur la fortune. La Californie, New York, Washington ont tous eu des propositions. Aucune n’a encore abouti. Mais si vous résidez dans un État progressiste avec un déficit budgétaire chronique, soyez vigilant. Un déménagement inter-États peut devenir une nécessité fiscale.

Planifiez l’expatriation avec soin

Si vous envisagez de renoncer à la citoyenneté américaine pour échapper à une future taxation patrimoniale, faites-le *avant* que votre patrimoine net franchisse le seuil des covered expatriates. Une fois au-dessus, l’exit tax vous écrase. Timing = tout.

Mon verdict en 2026

Les États-Unis n’ont pas d’impôt fédéral sur la fortune. Pas encore. Mais l’infrastructure législative existe dans les propositions dormantes. Les mécanismes indirects (property tax, estate tax, exit tax) créent déjà une pression significative sur le patrimoine.

Si vous détenez plus de $10 millions en actifs nets et que vous êtes citoyen américain, vous devez anticiper trois scénarios :

  1. Statu quo : rien ne change, vous gérez les taxes existantes.
  2. Wealth tax fédérale : adoption d’une loi progressive, probablement après 2028.
  3. Wealth tax locale : un ou plusieurs États pionniers votent leur propre version.

Dans tous les cas, l’inaction est risquée. Documentez. Diversifiez. Restez mobile.

Et si vous avez des sources fiables sur l’évolution de ce dossier, je suis preneur. En attendant, je continue de traquer chaque proposition, chaque amendement, chaque signal faible. Parce que dans ce jeu, l’information vaut plus que l’or.

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