Entreprise individuelle en Lituanie : aperçu fiscal (2026)

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Dernière vérification manuelle : 06 février 2026 · En savoir plus →

J’ai passé des années à décortiquer les systèmes fiscaux européens. La Lituanie ne figure pas souvent dans les conversations des optimisateurs fiscaux, pourtant elle offre un statut d’entreprise individuelle particulièrement accessible : l’Individuali veikla pagal pažymą, ou « Activité individuelle sous certificat ».

Pas de capital social requis. Pas de comptabilité lourde obligatoire. Une structure légère pour qui veut tester un marché ou facturer ses services sans créer une société à part entière.

Mais comme toujours, le diable se cache dans les détails fiscaux.

Ce que la Lituanie appelle « entreprise individuelle »

Le statut lituanien d’activité individuelle sous certificat est disponible pour tout résident qui souhaite exercer une activité économique en son nom propre. Contrairement à certains pays baltes qui imposent des seuils de chiffre d’affaires stricts, la Lituanie n’a pas fixé de limite de revenus pour ce régime en 2026.

Oui, vous avez bien lu. Aucune limite.

Cela signifie que vous pouvez théoriquement générer des revenus importants sous ce statut sans être obligé de basculer vers une structure de type UAB (équivalent de la SARL). Pratique ? Absolument. Optimal fiscalement au-delà d’un certain seuil ? Probablement pas.

L’inscription se fait auprès du Service des impôts lituanien (VMI). Le processus est digitalisé, rapide, et peut se faire en ligne si vous disposez d’une signature électronique lituanienne.

La structure fiscale : simple en apparence, piégeuse en pratique

Voici où ça devient intéressant. Et par intéressant, je veux dire « attention aux mauvaises surprises ».

L’impôt sur le revenu des personnes physiques (GPM)

Le taux d’imposition varie entre 5 % et 15 % selon votre bénéfice imposable. Pour les profits annuels jusqu’à 35 000 € (environ 37 800 $), un crédit d’impôt réduit effectivement le taux de 15 %. Au-delà, le taux plein de 15 % s’applique.

Mais attention : ce n’est pas 5 % ou 15 % de votre chiffre d’affaires brut. C’est calculé sur votre profit net, après déduction des charges.

Charges sociales et santé : le vrai coût

Ici, beaucoup d’entrepreneurs se font avoir. Les cotisations sociales (VSD) représentent 12,52 % et l’assurance santé (PSD) 6,98 %. Total : 19,5 %.

Ces charges ne sont pas calculées sur votre profit brut, mais sur 90 % de votre revenu imposable. Concrètement, si votre profit imposable est de 10 000 € (10 800 $), vous paierez 19,5 % sur 9 000 € (9 720 $), soit environ 1 755 € (1 895 $).

Cela s’ajoute à l’impôt sur le revenu.

Le choix stratégique des déductions

La Lituanie vous offre deux options pour déduire vos charges :

  • Déduction forfaitaire de 30 % : sans justificatifs, sans factures, sans comptabilité détaillée. Vous déclarez 100 000 € (108 000 $) de revenus ? Vous êtes imposé sur 70 000 € (75 600 $).
  • Déduction des charges réelles : vous documentez chaque dépense professionnelle (bureau, équipement, déplacements, sous-traitance). Potentiellement plus avantageux si vos charges dépassent 30 %, mais demande une rigueur comptable.

Mon conseil ? Si vous débutez ou que vos charges sont modestes, la déduction forfaitaire est un gain de temps considérable. Si vous avez des investissements lourds ou des frais récurrents importants, faites le calcul précis.

Tableau récapitulatif de la fiscalité

Type de charge Taux Base de calcul
Impôt sur le revenu (GPM) 5% – 15% Profit imposable (après déductions)
Cotisations sociales (VSD) 12,52% 90% du profit imposable
Assurance santé (PSD) 6,98% 90% du profit imposable
Déduction forfaitaire (optionnelle) 30% Revenu brut total (sans justificatifs)

Les pièges à éviter

Le piège du seuil de rentabilité fiscal

Beaucoup d’entrepreneurs lituaniens conservent ce statut trop longtemps. Si votre profit annuel dépasse 40 000 € (43 200 $), vous devriez sérieusement comparer avec une UAB (société à responsabilité limitée).

Pourquoi ? Parce qu’une UAB en Lituanie est imposée à 15 % sur les bénéfices sociaux, puis 15 % supplémentaires sur les dividendes distribués. Mais vous contrôlez le moment de distribution et vous pouvez réinvestir sans taxe immédiate. Vous séparez aussi votre patrimoine personnel de votre activité professionnelle.

Sous l’activité individuelle, tout est mélangé. Vos actifs personnels peuvent être saisis en cas de litige commercial.

Le piège de la TVA

Le statut d’activité individuelle ne vous exempte pas automatiquement de TVA. Si vous dépassez 45 000 € (48 600 $) de chiffre d’affaires annuel, vous devez vous enregistrer à la TVA (actuellement 21 % en Lituanie).

Cela complique la gestion administrative. Factures conformes, déclarations trimestrielles, comptabilité TVA… Si vous atteignez ce seuil, évaluez sérieusement l’option de créer une société.

Le piège de la résidence fiscale

Vous êtes nomade digital et pensez pouvoir ouvrir un statut en Lituanie tout en vivant ailleurs ? Mauvaise idée. L’administration lituanienne, comme la plupart des États européens, vérifie de plus en plus la substance économique.

Si vous n’êtes pas résident fiscal lituanien, ce statut peut poser problème. Vous risquez une double imposition ou, pire, une requalification fiscale dans votre pays de résidence réelle.

Pour qui ce statut est-il pertinent ?

Je recommande l’activité individuelle sous certificat en Lituanie dans les cas suivants :

  • Vous êtes résident fiscal lituanien (au moins 183 jours par an dans le pays).
  • Votre chiffre d’affaires annuel reste inférieur à 40 000 € (43 200 $).
  • Vous fournissez des services intellectuels (consulting, développement, design, rédaction) avec peu de charges fixes.
  • Vous voulez tester un marché avant de structurer une société.

Si vous générez plus de revenus, si vous avez des partenaires, si vous manipulez des actifs importants ou si vous envisagez de lever des fonds, passez directement à une UAB.

Mes sources et ma méthode

J’ai croisé les informations du Service des impôts lituanien (VMI), du Fonds de sécurité sociale (Sodra) et de l’Agence lituanienne d’innovation. Ces organismes publient régulièrement des guides en anglais et en lituanien. Je vérifie aussi sur le terrain avec des comptables locaux pour valider l’application réelle des règles.

Les lois fiscales changent. Ce que j’écris ici reflète la situation en 2026. Si vous lisez ceci dans quelques années, vérifiez toujours les taux et seuils actuels auprès des autorités compétentes.

La Lituanie reste l’un des pays baltes les plus pragmatiques pour les entrepreneurs individuels. Pas de bureaucratie paralysante, une digitalisation avancée, et une fiscalité compétitive si vous restez sous les bons seuils. Mais comme partout, l’optimisation fiscale exige de comprendre les règles avant de s’engager. Ne vous lancez pas aveuglément parce que « c’est simple ». Simple ne veut pas dire optimal pour votre cas particulier.

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