Résidence fiscale au Cambodge : ce qu’il faut savoir (2026)

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Dernière vérification manuelle : 06 février 2026 · En savoir plus →

Le Cambodge. Un pays qui fascine autant qu’il déroute sur le plan fiscal. Si vous êtes ici, c’est probablement parce que vous cherchez à comprendre comment fonctionne la résidence fiscale cambodgienne. Bonne nouvelle : les règles existent. Mauvaise nouvelle : elles restent floues dans leur application concrète.

Je vais vous exposer ce que j’ai pu établir à partir des données officielles et de mon expérience sur le terrain. Mais soyons clairs dès le départ : le Cambodge n’est pas un modèle de transparence administrative. Ce que je partage aujourd’hui, c’est un cadre juridique théorique. La réalité peut varier.

Comment devient-on résident fiscal cambodgien ?

La législation cambodgienne définit la résidence fiscale selon deux critères principaux. Ils ne sont pas cumulatifs. Cela signifie qu’il suffit de remplir l’un d’entre eux pour être considéré comme résident fiscal.

Premier critère : la règle des 183 jours. Classique.

Si vous passez 183 jours ou plus au Cambodge durant une année civile, vous devenez automatiquement résident fiscal. Peu importe que vous ayez une maison, un business, ou même un simple visa touristique renouvelé. Le décompte des jours est théoriquement strict. Dans les faits ? Le Cambodge ne dispose pas d’un système d’immigration numérisé ultra-performant comme Singapour. Les contrôles sont rares, mais le risque existe.

Deuxième critère : la résidence habituelle.

Ici, les choses deviennent intéressantes. Le concept de « résidence habituelle » est moins mécanique que le comptage des jours. Il s’agit d’une évaluation plus qualitative : où est votre base de vie principale ? Où revenez-vous régulièrement ? Où sont vos habitudes ancrées ?

Contrairement à d’autres juridictions, le Cambodge n’inclut pas de critère fondé sur le centre des intérêts économiques. Vous pouvez avoir toutes vos sociétés au Cambodge sans pour autant y devenir résident fiscal, à condition de ne pas y passer trop de temps et de ne pas y établir votre résidence habituelle.

Pas de critère familial non plus. Votre conjoint et vos enfants peuvent vivre à Phnom Penh pendant que vous êtes ailleurs, cela ne fait pas automatiquement de vous un résident cambodgien. En théorie.

Ce que les règles ne disent pas (et c’est là que ça se complique)

Le Cambodge ne prévoit pas de règle de citoyenneté automatique en matière de résidence fiscale. Être citoyen cambodgien ne vous rend pas automatiquement résident fiscal. C’est assez rare et plutôt favorable pour les doubles nationaux.

Il n’y a pas non plus de règle de séjour temporaire prolongé. Contrairement à certains pays qui vous rattrapent si vous restez plus de X jours sur Y années consécutives, le Cambodge s’en tient à la logique annuelle simple.

Mais attention. Absence de règle écrite ne signifie pas absence de risque.

L’administration fiscale cambodgienne (General Department of Taxation) peut interpréter votre situation si elle estime que vous avez un lien suffisant avec le territoire. J’ai vu des cas où des expatriés pensaient échapper à la résidence fiscale en jonglant avec des visas de courte durée, pour finalement se retrouver dans une zone grise lors d’un contrôle bancaire ou d’une transaction immobilière.

Quel est le seuil de déclenchement réel ?

D’après les données que j’ai compilées, il n’existe pas de minimum de jours obligatoire pour déclencher automatiquement la résidence fiscale en-dessous de 183 jours. Vous pouvez passer 50 jours au Cambodge sans problème, à condition de ne pas y établir de résidence habituelle.

C’est cette notion de résidence habituelle qui pose problème. Elle est subjective. Si vous louez un appartement à l’année, si vous avez une carte SIM locale, si vos enfants vont à l’école locale, si vous avez un permis de conduire cambodgien… tout cela peut être utilisé pour argumenter que vous êtes « habituellement » résident, même sous les 183 jours.

Mon conseil ? Ne laissez jamais traîner de traces administratives qui suggèrent une installation durable si vous voulez rester non-résident. Le Cambodge est tolérant tant que vous restez discret. Mais dès que vous créez des liens officiels, les choses changent.

Le Cambodge comme résidence fiscale : intéressant ou piège ?

Devenir résident fiscal cambodgien peut avoir du sens dans certains cas.

Le système fiscal cambodgien est relativement simple. Pas de système de taxation mondiale pour la plupart des revenus étrangers (selon les conventions fiscales en vigueur). Si vous générez vos revenus hors du Cambodge, vous pouvez potentiellement ne rien devoir localement. Mais attention : les règles sur les revenus de source cambodgienne sont strictes. Tout salaire, loyer, ou bénéfice généré localement est imposable.

Le taux d’imposition sur le revenu des personnes physiques peut atteindre 20% sur les tranches supérieures. Ce n’est ni scandaleux ni attractif. C’est neutre.

L’absence de règle sur le centre d’intérêts économiques est un avantage pour les entrepreneurs numériques ou les investisseurs internationaux. Vous pouvez gérer des affaires mondiales depuis Phnom Penh sans que cela ne crée automatiquement une obligation fiscale cambodgienne, tant que vous maîtrisez votre nombre de jours et vos liens administratifs.

Les conventions fiscales : votre bouclier (ou votre piège)

Le Cambodge a signé plusieurs conventions de double imposition. Pas des dizaines, mais quelques-unes stratégiques (Chine, Singapour, Thaïlande, etc.). Ces conventions définissent des règles de « tie-breaker » en cas de double résidence fiscale.

Si vous êtes résident fiscal cambodgien selon les règles locales, mais aussi résident fiscal d’un autre pays selon leurs règles, la convention détermine où vous payez en priorité. Généralement, on regarde d’abord où est votre foyer d’habitation permanent, puis votre centre d’intérêts vitaux, puis où vous séjournez habituellement, puis votre nationalité.

Le Cambodge n’étant pas hyper-connecté fiscalement avec le reste du monde, beaucoup d’expatriés tombent dans un vide juridique : non-résidents partout, ou résidents nulle part selon les déclarations. C’est une stratégie qui fonctionne… jusqu’au jour où elle ne fonctionne plus.

Ce que vous devez retenir

Vous devenez résident fiscal cambodgien si :

  • Vous passez 183 jours ou plus au Cambodge dans l’année, OU
  • Vous y établissez votre résidence habituelle (notion floue, mais réelle).

Vous ne devenez pas automatiquement résident fiscal si :

  • Vous avez simplement des intérêts économiques au Cambodge (entreprises, investissements).
  • Votre famille vit au Cambodge mais pas vous.
  • Vous êtes citoyen cambodgien mais vivez ailleurs.

Le Cambodge reste une juridiction où l’interprétation administrative compte autant que la loi écrite. Si vous cherchez une optimisation fiscale basée sur la résidence cambodgienne, je vous recommande de consulter un fiscaliste local compétent (ils sont rares, mais ils existent).

Dernière chose. Je mets régulièrement à jour mes données sur les juridictions d’Asie du Sud-Est. Si vous avez des documents officiels récents sur la résidence fiscale au Cambodge (circulaires, décisions administratives, jurisprudence), envoyez-les-moi par email ou repassez plus tard. Mon objectif, c’est de vous donner l’information la plus fiable possible. Pas de vous vendre du rêve.

Le Cambodge, c’est une opportunité. Mais une opportunité pour ceux qui savent où ils mettent les pieds.

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