Entreprise individuelle aux Îles Marshall : guide complet (2026)

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Dernière vérification manuelle : 06 février 2026 · En savoir plus →

Îles Marshall. Vous en avez peut-être entendu parler pour leur pavillon de complaisance. Ou pour leur position géographique perdue dans le Pacifique. Mais saviez-vous qu’il est possible d’y établir une activité individuelle sous forme de Sole Proprietorship ?

Je l’admets : c’est une juridiction inhabituelle. Peu de gens pensent spontanément aux Îles Marshall (code MH) quand ils cherchent à structurer une activité indépendante. Pourtant, ce statut existe bel et bien. Et dans certaines configurations, il peut avoir du sens, notamment si vous êtes déjà résident ou si vous opérez dans une niche liée au maritime ou au numérique offshore.

Voyons ensemble comment cela fonctionne.

Qu’est-ce qu’une Sole Proprietorship aux Îles Marshall ?

Le terme est celui qu’on utilise en anglais. Ici, on ne parle pas d’auto-entrepreneur ou de Einzelunternehmen. On parle simplement de Sole Proprietorship, l’équivalent marshallais de l’entreprise individuelle.

C’est le statut le plus simple.

Vous êtes la personne physique. Vous êtes l’activité. Pas de structure juridique distincte. Pas de création de société. Vous démarrez, vous facturez, vous déclarez. Point.

Mais attention : cela signifie aussi que votre responsabilité est illimitée. Vos actifs personnels peuvent être saisis pour couvrir vos dettes professionnelles. C’est le revers de la simplicité.

Qui peut devenir Sole Proprietor aux Îles Marshall ?

D’après les informations disponibles auprès de la RMI Tax Authority et du MISSA, il n’y a pas de restriction explicite de nationalité ou de résidence pour enregistrer une activité individuelle. En pratique, cependant, la plupart des personnes opérant sous ce statut sont soit résidentes des Îles Marshall, soit actives dans des secteurs liés à l’économie locale (pêche, services maritimes, construction, petite restauration).

Si vous êtes étranger et que vous envisagez d’opérer à distance sous ce statut, je vous conseille de vérifier directement avec les autorités locales que cela est bien admis dans votre cas. L’administration marshallaise n’est pas réputée pour sa transparence en ligne.

La fiscalité : Gross Revenue Tax (GRT) et cotisations sociales

C’est ici que les choses deviennent intéressantes. Ou décourageantes, selon votre point de vue.

Les Îles Marshall n’appliquent pas d’impôt sur le revenu des personnes physiques. Bonne nouvelle ? Pas si vite.

À la place, les travailleurs indépendants sont soumis à une Gross Revenue Tax (GRT), une taxe sur le chiffre d’affaires brut. Voici comment elle fonctionne :

Tranche de chiffre d’affaires annuel (USD) Montant de la GRT (USD)
Premiers $10,000 $80 forfaitaire
Au-delà de $10,000 3% du montant dépassant $10,000

La GRT est payable trimestriellement. Oui, vous devez faire quatre déclarations par an. Ce n’est pas un modèle annuel simplifié.

Exemple concret : vous générez $30,000 de revenu brut sur l’année. Vous paierez $80 + (3% × $20,000) = $80 + $600 = $680 de GRT.

Maintenant, ajoutons les cotisations sociales.

Les cotisations MISSA : 23% sur 75% du CA plafonné

Le système de sécurité sociale marshallais est géré par la Marshall Islands Social Security Administration (MISSA). Les travailleurs indépendants doivent cotiser à deux fonds :

  • Social Security Fund : 16%
  • Health Fund : 7%

Total : 23%.

Mais attention, ce taux ne s’applique pas directement à votre chiffre d’affaires brut. Il s’applique à 75% de votre revenu brut, avec un plafond de $10,000 par trimestre.

Reprenons l’exemple précédent :

Revenu annuel : $30,000.
Revenu trimestriel moyen : $7,500.
Assiette cotisable : 75% × $7,500 = $5,625.
Cotisations MISSA par trimestre : 23% × $5,625 = $1,293.75.
Sur l’année : $1,293.75 × 4 = $5,175.

Résumons :

Élément Montant (USD)
Chiffre d’affaires brut annuel $30,000
GRT (taxe sur le CA) $680
Cotisations MISSA (social + santé) $5,175
Total charges fiscales et sociales $5,855
Taux effectif global 19.5%

19,5% de charge totale sur le chiffre d’affaires brut. Ce n’est pas négligeable. Surtout si vous avez des coûts d’exploitation élevés. Mais c’est prévisible, et ça reste beaucoup plus simple qu’un système d’impôt progressif complexe.

Pas de limite de chiffre d’affaires

Contrairement à certains régimes d’auto-entrepreneur ou de micro-entreprise ailleurs dans le monde, il n’y a pas de plafond de chiffre d’affaires pour rester sous le statut de Sole Proprietorship aux Îles Marshall.

Vous pouvez facturer $50,000, $100,000, ou plus. Le statut reste le même. Bien sûr, à un certain niveau, il devient stratégiquement intéressant de créer une structure offshore (les Îles Marshall sont réputées pour leurs sociétés IBC), mais rien ne vous y oblige fiscalement.

Ce que l’on ne vous dit pas : les pièges pratiques

Parlons franchement.

Les Îles Marshall ne sont pas une juridiction avec une infrastructure numérique avancée. Oubliez les portails en ligne intuitifs, les déclarations fiscales en trois clics, ou le support client réactif.

Les déclarations trimestrielles doivent être faites manuellement ou via des formulaires papier. Vous devez probablement passer par un agent local ou un comptable si vous n’êtes pas sur place. Et la communication avec les autorités peut être… lente.

Autre point : la responsabilité illimitée. Si vous opérez dans un secteur à risque (conseil, construction, transport), vous exposez votre patrimoine personnel. Je vous recommande vivement de souscrire une assurance responsabilité civile professionnelle, même si ce n’est pas obligatoire.

Enfin, si vous êtes non-résident et que vous facturez à l’international, vérifiez bien que votre banque accepte d’ouvrir un compte pour une activité individuelle marshallaise. Ce n’est pas gagné d’avance.

Quand ce statut a-t-il du sens ?

Soyons clairs : la Sole Proprietorship aux Îles Marshall n’est pas un véhicule d’optimisation fiscale agressive. Ce n’est pas une structure offshore sophistiquée. C’est un statut d’activité individuelle, pensé pour des personnes qui vivent et travaillent localement ou dans la région Pacifique.

Il peut avoir du sens si :

  • Vous êtes résident des Îles Marshall et vous lancez une activité locale (services, petite entreprise, consulting).
  • Vous opérez dans le secteur maritime et vous avez déjà des liens avec la juridiction.
  • Vous cherchez une structure simple, sans création de société, et vous acceptez les cotisations sociales en contrepartie d’une couverture MISSA.

Mais si vous êtes un nomade numérique cherchant à minimiser votre charge fiscale, ou si vous résidez en Europe avec une activité de e-commerce, franchement, il existe des options bien plus pertinentes.

Sources et mises à jour

Les informations présentées ici sont basées sur les données publiques disponibles auprès de :

Comme toujours, je continue d’auditer les juridictions peu documentées. Si vous avez accès à des documents officiels récents, des tarifs actualisés, ou des retours d’expérience concrets sur l’enregistrement d’une Sole Proprietorship aux Îles Marshall, n’hésitez pas à m’envoyer un email. Je mets à jour ma base de données régulièrement.

En attendant, si vous envisagez sérieusement cette option, contactez directement les autorités locales ou un agent sur place. Ne vous fiez pas uniquement à ce que vous lisez en ligne (y compris ici). Vérifiez toujours les informations à la source.

Les Îles Marshall restent une juridiction opaque pour ceux qui ne connaissent pas le terrain. Mais pour ceux qui y sont déjà implantés, la Sole Proprietorship offre une voie légale, simple, et relativement prévisible pour exercer une activité individuelle. À condition d’accepter les contraintes administratives et la charge sociale qui vient avec.