Impôt sur les sociétés en Thaïlande : guide complet (2026)

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Dernière vérification manuelle : 06 février 2026 · En savoir plus →

Je vais être direct. La Thaïlande n’est pas un paradis fiscal au sens strict, mais elle n’est pas non plus une machine à pression fiscale délirante comme certains États occidentaux. Son régime d’imposition des sociétés repose sur un système progressif qui, franchement, peut surprendre par sa clémence pour les petites structures. Voyons comment ça fonctionne en 2026.

Le barème progressif : une rareté bienvenue

Contrairement à la majorité des juridictions qui appliquent un taux fixe sur les bénéfices, la Thaïlande utilise un système à tranches. Oui, comme pour les particuliers dans beaucoup de pays. C’est rare pour l’impôt sur les sociétés. Et c’est plutôt malin.

Voici le barème applicable en 2026 :

Bénéfice net imposable (THB) Taux d’imposition
0 – ฿300,000 0%
฿300,001 – ฿3,000,000 15%
Au-delà de ฿3,000,000 20%

Décortiquons. Les 300 000 premiers bahts sont totalement exonérés. Environ 8 300 dollars américains ($8,300). C’est peu pour une grosse boîte, mais pour une micro-structure ou une startup qui démarre, c’est un vrai cadeau.

Ensuite, entre ฿300 001 et ฿3 000 000 (soit entre $8 300 et $83 000), tu paies 15 %. C’est compétitif. Vraiment. Compare avec les 25-30 % qu’on voit ailleurs en Europe ou en Amérique du Nord.

Au-delà de 3 millions de bahts ($83 000), tu passes à 20 %. C’est le taux standard, applicable à la majorité des sociétés qui génèrent des bénéfices conséquents. Vingt pour cent, ce n’est ni scandaleux ni exceptionnel. C’est correct.

Les surtaxes : là où ça se complique

Maintenant, attention. Le barème ci-dessus, c’est la base. Mais la Thaïlande aime ajouter des couches pour certains secteurs ou situations spécifiques. Voici les principales :

Taxe sur les bénéfices rapatriés (succursales étrangères)

Si ta société est une succursale d’une entité étrangère (pas une filiale locale, une vraie branch), et que tu rapatries les bénéfices vers le siège à l’étranger, il y a une retenue à la source de 10 %. C’est une taxe sur les dividendes déguisée, mais appliquée aux branches.

Pourquoi ? Parce que les autorités thaïlandaises veulent s’assurer que l’argent généré localement contribue au Trésor avant de quitter le territoire. C’est classique dans beaucoup de pays émergents.

Taxe intérieure sur les accises

Certaines entreprises payent des droits d’accise (alcool, tabac, carburant, etc.). La Thaïlande applique une taxe intérieure de 10 % sur ces droits d’accise. C’est une taxe sur une taxe. Cynique, mais efficace pour remplir les caisses.

Si ton activité ne touche pas aux produits soumis à accise, tu peux ignorer ce point.

Secteur pétrolier : régime spécial

Là, ça devient sérieux. Les compagnies pétrolières opérant sous concession subissent un taux d’imposition de 50 % sur les bénéfices nets issus des opérations pétrolières. Oui, cinquante pour cent. C’est brutal, mais c’est le prix à payer pour extraire des ressources naturelles d’un pays souverain.

Pour les entreprises pétrolières sous contrat de partage de production, le taux tombe à 20 %. Toujours élevé par rapport au régime standard, mais bien plus respirable que 50 %.

Pilier Deux : l’impôt minimum mondial (2025+)

Depuis 2025, la Thaïlande applique le fameux Pilier Deux de l’OCDE. Si ta société fait partie d’un groupe multinational avec un chiffre d’affaires consolidé supérieur ou égal à 750 millions d’euros (environ $810 millions), un taux minimum effectif de 15 % s’applique.

Concrètement, si ton taux effectif d’imposition en Thaïlande est inférieur à 15 % grâce à des incitations ou déductions, l’État récupère la différence via un top-up tax. C’est une mesure anti-évasion fiscale, une convergence mondiale pour empêcher les grandes multinationales de jouer avec les différences de taux.

Si tu es en dessous de ce seuil de 750 millions d’euros, tu n’es pas concerné. Pour l’instant.

Qu’est-ce qui compte comme bénéfice imposable ?

Bonne question. En Thaïlande, l’impôt sur les sociétés s’applique au bénéfice net : revenus bruts moins dépenses déductibles. Classique.

Mais voici le truc : la Thaïlande applique le principe de territorialité partielle. En principe, seuls les revenus de source thaïlandaise sont imposables. Toutefois, si tu rapatries des revenus étrangers en Thaïlande dans la même année fiscale où ils sont perçus, ils peuvent devenir imposables. C’est un mécanisme qui génère beaucoup de confusion.

Depuis quelques années, les autorités fiscales thaïlandaises ont durci leur interprétation. Si tu as une société thaïlandaise qui génère des revenus à l’étranger et que tu les fais entrer en Thaïlande, prépare-toi à les déclarer.

Optimisation : ce qu’il faut retenir

La Thaïlande offre un environnement fiscal relativement clément pour les PME. Le taux de 0 % sur les 300 000 premiers bahts et le 15 % jusqu’à 3 millions, c’est du concret. Mais attention aux pièges :

  • Documentation stricte. L’administration fiscale thaïlandaise aime les papiers. Factures, reçus, contrats, tout doit être propre et archivé. Sinon, tu risques des redressements.
  • Conventions fiscales. La Thaïlande a signé des dizaines de conventions pour éviter la double imposition. Si tu es résident fiscal ailleurs, vérifie si ton pays a un traité avec la Thaïlande. Ça peut te sauver des milliers.
  • Zones économiques spéciales (BOI). Le Board of Investment thaïlandais accorde des exonérations fiscales temporaires (parfois jusqu’à 8 ans) pour certaines industries ou régions. Si ton activité entre dans ces critères, creuse.

Mon verdict

La Thaïlande n’est pas un État zéro impôt, mais elle est pragmatique. Son système progressif favorise les petites structures, et même le taux standard de 20 % reste raisonnable. Les surtaxes existent, mais elles ciblent surtout des situations précises : branches étrangères, secteur pétrolier, multinationales géantes.

Si tu envisages d’implanter une société en Asie du Sud-Est, la Thaïlande mérite ta considération. Elle a l’infrastructure, la stabilité relative, et un cadre fiscal qui ne cherche pas à t’étouffer. Mais comme toujours : fais-toi conseiller localement, audite tes obligations fiscales chaque année, et garde une longueur d’avance sur les changements réglementaires.

Les États ne te feront jamais de cadeaux. Mais certains, comme la Thaïlande, sont moins gourmands que d’autres. À toi de jouer intelligemment.

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