Impôt sur les sociétés en Corée du Sud : guide complet (2026)

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Dernière vérification manuelle : 06 février 2026 · En savoir plus →

Je vais être direct : la Corée du Sud n’est pas un paradis fiscal. Loin de là. Mais si tu envisages d’y établir une structure corporative, tu dois comprendre comment fonctionne leur système d’impôt sur les sociétés. Parce que contrairement à ce que beaucoup croient, ce n’est pas un simple taux unique. C’est un système progressif avec des surtaxes locales qui peuvent sérieusement alourdir la facture.

La Corée du Sud applique un modèle fiscal sophistiqué. Trop sophistiqué, dirais-je. Mais c’est justement pour ça que tu es ici.

Le système progressif sud-coréen : les paliers que personne ne t’explique clairement

L’impôt sur les sociétés en Corée du Sud repose sur quatre tranches de revenus imposables. Oui, quatre. Et chacune a son propre taux.

Revenu imposable minimum (KRW) Revenu imposable maximum (KRW) Taux d’imposition
0 ₩200 millions ($148,000) 10%
₩200 millions ($148,000) ₩20 milliards ($14,8 millions) 20%
₩20 milliards ($14,8 millions) ₩300 milliards ($222 millions) 22%
₩300 milliards ($222 millions) Illimité 25%

Ces chiffres peuvent sembler raisonnables à première vue. Une PME avec ₩150 millions de bénéfice imposable paiera seulement 10%. Pas mal, non ? Attends.

Les surtaxes locales : le piège que tout le monde oublie

Voici où ça devient intéressant. Et par intéressant, je veux dire agaçant.

La Corée du Sud impose un impôt sur le revenu local en plus de l’impôt sur les sociétés de base. Ce n’est pas optionnel. Ce n’est pas négociable. C’est automatique. Et devine quoi ? Il suit également un système progressif calqué sur les mêmes tranches.

Base fiscale des sociétés (KRW) Taux de la taxe locale
Jusqu’à ₩200 millions ($148,000) 1%
Entre ₩200 millions et ₩20 milliards ($148,000 – $14,8 millions) 2%
Entre ₩20 milliards et ₩300 milliards ($14,8 millions – $222 millions) 2,2%
Plus de ₩300 milliards ($222 millions) 2,5%

Donc, si ton entreprise tombe dans la tranche supérieure, tu ne paies pas 25%. Tu paies 25% + 2,5% de taxe locale. Soit 27,5% au total. C’est une nuance que beaucoup d’entrepreneurs découvrent trop tard.

Taux effectif combiné par tranche

  • Première tranche : 10% + 1% = 11%
  • Deuxième tranche : 20% + 2% = 22%
  • Troisième tranche : 22% + 2,2% = 24,2%
  • Quatrième tranche : 25% + 2,5% = 27,5%

Ça change la donne, non ?

Les surtaxes spécifiques : quand le fisc devient créatif

Comme si ce n’était pas assez compliqué, il existe d’autres surtaxes ciblées. Je vais être honnête : elles ne s’appliquent pas à tout le monde, mais si tu entres dans ces catégories, tu dois le savoir.

1. Surtaxe sur les réserves excédentaires des conglomérats (20%)

Celle-ci vise les grandes entreprises domestiques faisant partie de conglomérats avec participations croisées. Tu sais, les chaebols. Samsung, Hyundai, LG. Si ta société accumule des réserves de bénéfices excessives et qu’elle fait partie d’un groupe soumis à la Loi anti-monopole et sur le commerce équitable, tu paies 20% supplémentaires. Cette mesure est temporaire : elle expire le 31 décembre 2028.

Pourquoi cette taxe existe-t-elle ? Parce que l’État coréen veut forcer ces géants à réinvestir ou distribuer leurs profits plutôt que de les thésauriser. C’est de l’ingénierie sociale fiscale, ni plus ni moins.

2. Surtaxe agricole et de la pêche (20%)

Celle-là, c’est du grand n’importe quoi bureaucratique. Si ton entreprise bénéficie de certains crédits d’impôt ou exonérations sous la Loi de contrôle du traitement fiscal spécial (STTCL), tu devras payer une surtaxe de 20% sur la réduction fiscale obtenue. Cette taxe est censée financer les secteurs agricoles et de la pêche.

Oui, tu as bien lu. Tu obtiens un avantage fiscal… mais tu dois reverser 20% de cet avantage pour soutenir l’agriculture. C’est kafkaïen.

Pourquoi ce système existe : la logique coréenne

La Corée du Sud est obsédée par l’équité fiscale. Après des décennies de domination économique par quelques conglomérats familiaux, le gouvernement essaie de rééquilibrer le terrain de jeu. Les PME bénéficient de taux plus bas. Les grandes entreprises paient davantage. Et si tu essaies d’optimiser trop agressivement, ils ont des surtaxes ciblées pour te rattraper.

C’est intelligent, je dois l’admettre. Mais c’est aussi un cauchemar administratif.

Ce que tu dois retenir si tu envisages une structure en Corée du Sud

Premièrement : oublie l’idée que la Corée du Sud soit une juridiction à faible fiscalité. Ce n’est pas le cas. Si tu cherches ça, regarde ailleurs.

Deuxièmement : la progressivité du système peut jouer en ta faveur si tu restes petit. Une société avec des bénéfices modestes paiera effectivement moins de 15% au total. C’est compétitif.

Troisièmement : planifie tes crédits d’impôt avec soin. La surtaxe agricole peut transformer un avantage en demi-avantage rapidement.

Quatrièmement : si tu fais partie d’un groupe plus large, les règles sur les réserves excédentaires peuvent te mordre. Hard.

Mon verdict sur la fiscalité corporative sud-coréenne

C’est un système qui récompense les petites structures et punit les grandes. Si tu es une startup tech ou une PME avec des revenus modérés, tu peux t’en sortir honorablement. Mais dès que tu franchis le seuil des ₩20 milliards ($14,8 millions), les taux grimpent rapidement.

Ce n’est pas une juridiction pour l’optimisation fiscale agressive. C’est une juridiction pour faire des affaires sérieuses dans un marché développé avec une infrastructure solide et une stabilité politique. Si c’est ce que tu cherches, alors oui, la Corée du Sud peut avoir du sens.

Mais si tu veux minimiser ton empreinte fiscale ? Il existe des options bien plus intéressantes. Tu le sais déjà.

Dernière chose : le système fiscal coréen évolue constamment. Les surtaxes temporaires deviennent permanentes. Les crédits d’impôt apparaissent et disparaissent. Je mets à jour mes données régulièrement, donc si tu tombes sur des informations officielles récentes que je n’ai pas encore intégrées, n’hésite pas à me contacter ou à revenir consulter cette page dans quelques mois.

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