Impôt sur les sociétés au Honduras : guide complet (2026)

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Dernière vérification manuelle : 06 février 2026 · En savoir plus →

Je vais être franc : le Honduras n’est pas la première juridiction qui vient à l’esprit quand on parle d’optimisation fiscale. Mais ignorer ce territoire d’Amérique centrale serait une erreur si vous envisagez d’y opérer ou d’y structurer une activité. Aujourd’hui, je décortique le régime d’imposition des sociétés honduriennes. Les chiffres. Les pièges. Et surtout, ce que personne ne vous dit.

Le taux de base : 25 % en 2026

Le Honduras applique un taux d’imposition des sociétés de 25 % sur le bénéfice imposable.

C’est un taux plat. Pas de progressivité, pas de seuils. Vous générez un profit ? L’État prélève un quart. Simple en apparence. Mais attendez.

Ce taux de 25 % n’est que le point de départ. Le Honduras, comme beaucoup de juridictions latino-américaines, a construit un système de surtaxes et de contributions « solidaires » qui viennent alourdir considérablement la facture réelle. Je vous explique.

La contribution de solidarité : 5 % supplémentaires

Si votre société enregistre un revenu imposable supérieur à 1 million de lempiras honduriens (HNL) — soit environ 40 000 USD au taux de change de 2026 — vous entrez dans la zone de turbulence.

Une contribution de solidarité de 5 % s’ajoute à votre charge fiscale. Ce n’est pas une surtaxe déductible. C’est un prélèvement brut sur votre base imposable dépassant le seuil. En clair : vous payez 25 % + 5 % = 30 % effectif sur la tranche concernée.

Pour une entreprise qui dépasse le million de lempiras, ce n’est pas anodin. On parle d’une augmentation de 20 % de la charge fiscale réelle. Et personne ne vous prévient en amont.

Seuil de revenu imposable Taux applicable Type
Jusqu’à 1 000 000 HNL (~40 000 USD) 25 % Impôt de base
Au-delà de 1 000 000 HNL 30 % (25 % + 5 % de surtaxe non déductible) Contribution de solidarité

Les impôts minimums : un mécanisme anti-évasion mal compris

Ici, ça devient intéressant. Le Honduras a introduit des « impôts minimums » calculés non pas sur le bénéfice, mais sur le revenu brut. Oui, vous avez bien lu. Même si vous êtes déficitaire, vous payez.

Premier cas : le seuil du milliard de lempiras

Si votre chiffre d’affaires brut dépasse 1 milliard de lempiras honduriens (environ 40 millions USD) au cours de l’exercice précédent, et que votre impôt sur les sociétés calculé représente moins de 1 % de ce revenu brut déclaré, vous êtes redevable d’un impôt minimum de 1 % du chiffre d’affaires.

C’est un filet de sécurité pour l’administration fiscale. Une façon de dire : « Si tu opères à cette échelle et que tu ne paies presque rien, on te prélève au minimum 1 % du CA. »

Pour certains secteurs sensibles — ciment, acier, services publics gérés par l’État, produits pharmaceutiques, et café — ce taux minimum descend à 0,5 %. Une forme de traitement de faveur. Ou plutôt, une reconnaissance que ces industries ont des marges comprimées.

Secteur Seuil de revenu brut (HNL) Taux minimum (%)
Entreprises générales ≥ 1 000 000 000 HNL (~40 millions USD) 1 %
Ciment, acier, services publics, pharmacie, café ≥ 1 000 000 000 HNL (~40 millions USD) 0,5 %

Deuxième cas : les pertes répétées

Le législateur hondurien ne croit pas aux pertes chroniques. Si votre société affiche un chiffre d’affaires égal ou supérieur à 100 millions de lempiras (environ 4 millions USD) et qu’elle enregistre des pertes pendant deux années consécutives, ou deux années sur cinq, vous déclenchez un impôt minimum de 1 % du revenu brut.

Ce mécanisme n’est pas punitive en théorie : cet impôt est « créditable » contre l’impôt sur les sociétés futur. Mais en pratique, si vous êtes réellement déficitaire, vous payez cash maintenant pour récupérer plus tard… si vous redevenez rentable.

C’est une mesure anti-évasion. Le fisc suppose que si vous perdez de l’argent pendant des années mais continuez à opérer à cette échelle, vous manipulez probablement votre comptabilité. Et ils vous font payer pour ça.

Mon verdict : un régime punitif pour les grandes structures

Le Honduras n’est pas une juridiction compétitive pour l’optimisation fiscale corporate. Point.

Le taux de base de 25 % est dans la moyenne régionale, certes. Mais l’accumulation de surtaxes et d’impôts minimums transforme ce système en piège pour les entreprises de taille moyenne et grande. Dès que vous dépassez les seuils — et ils ne sont pas si élevés — vous entrez dans un labyrinthe fiscal où chaque mécanisme de « solidarité » ou de « contrôle anti-évasion » grignote vos marges.

Pour les petites structures locales qui restent sous le million de lempiras imposables, c’est vivable. Mais si vous envisagez d’y structurer une holding, une filiale régionale, ou un centre logistique, réfléchissez à deux fois.

Ce que je recommande

Si vous devez opérer au Honduras pour des raisons commerciales — présence physique obligatoire, contrats publics, clientèle locale — ne cherchez pas à en faire un hub fiscal. Utilisez la structure hondurienne pour ce qu’elle est : une entité opérationnelle locale.

Structurez vos profits en amont. Les marges importantes doivent être capturées ailleurs, dans des juridictions à fiscalité réduite ou nulle. Le Honduras peut servir de base de distribution ou de production, mais pas de réceptacle de profit.

Et surtout, tenez une comptabilité irréprochable. Les mécanismes anti-évasion décrits ci-dessus montrent que l’administration fiscale hondurienne surveille les structures qui semblent trop « optimisées ». Si vous déclenchez un audit, le coût en temps et en argent dépassera largement l’économie fiscale que vous espériez réaliser.

Dernière note : la complexité cachée

Ce que je viens de décrire, c’est la structure officielle. Mais l’application réelle de ces règles dépend énormément de l’interprétation locale, de la relation avec l’administration fiscale, et parfois… de facteurs moins officiels.

Le Honduras reste un territoire où la bureaucratie peut être opaque. Les règles changent. Les seuils sont ajustés. Et les « contributions exceptionnelles » apparaissent sans prévenir.

Je continue à auditer ces juridictions en profondeur. Si vous disposez de documentation officielle récente concernant le régime fiscal des sociétés au Honduras — circulaires, décrets, ou retours d’expérience fiables — envoyez-moi un email ou revenez consulter cette page. Je mets à jour ma base de données régulièrement.

En attendant, traitez le Honduras comme ce qu’il est : un pays d’Amérique centrale avec un fisc déterminé à ne pas laisser filer les grandes entreprises. Structurez en conséquence.

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