Impôt sur les sociétés au Groenland : analyse (2026)

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Dernière vérification manuelle : 06 février 2026 · En savoir plus →

Le Groenland. Un territoire immense, gelé, politiquement autonome mais administrativement lié au Danemark. Quand on pense fiscalité arctique, on imagine souvent des zones grises, des juridictions opaques ou des paradis fiscaux inattendus. La réalité ? C’est plus nuancé. Et si vous envisagez d’établir une société au Groenland, vous devez comprendre exactement ce que l’administration fiscale locale attend de vous.

Je vais être direct : le Groenland applique un régime d’impôt sur les sociétés calqué sur le modèle danois, avec quelques particularités arctiques qui peuvent soit vous avantager, soit vous piéger si vous n’êtes pas vigilant.

Le taux nominal : 25 % en couronnes danoises

Commençons par les chiffres bruts. L’impôt sur les sociétés au Groenland est fixé à un taux unique de 25 %. Pas de progressivité. Pas de paliers. Un système plat, simple en apparence.

La base d’imposition ? Le bénéfice imposable de votre société, calculé selon les principes comptables groenlandais (eux-mêmes fortement inspirés des règles danoises). Vous payez en couronnes danoises (DKK), ce qui signifie que vous devez également surveiller les fluctuations de change si vous opérez en dollars ou en euros.

Élément Détail
Taux standard 25 %
Devise DKK (Couronne danoise)
Type de système Plat (flat)
Base d’imposition Bénéfice net imposable

Pour contextualiser : 25 %, c’est un taux moyen à l’échelle internationale en 2026. Ce n’est ni un enfer fiscal ni un paradis. Mais attendez. Il y a une subtilité qui change la donne.

La surtaxe de 6 % : le piège silencieux

Voici où ça devient intéressant — et potentiellement coûteux.

Si l’impôt sur les sociétés effectivement dû dépasse le montant que vous avez prépayé (via les acomptes fiscaux), vous devrez vous acquitter d’une surtaxe de 6 % sur l’écart. C’est une pénalité déguisée en mécanisme de discipline fiscale. L’idée ? Forcer les entreprises à provisionner correctement leurs impôts tout au long de l’année.

Calculons rapidement. Imaginons que votre société réalise un bénéfice imposable de 1 000 000 DKK (environ 145 000 $). Impôt théorique : 250 000 DKK (environ 36 250 $). Si vous n’avez versé que 200 000 DKK en acomptes, vous devez 50 000 DKK supplémentaires. Sur cette différence, ajoutez 6 % : 3 000 DKK (environ 435 $) de pénalité.

Ça peut sembler modeste. Mais pour les PME avec des flux de trésorerie irréguliers, cette surtaxe s’accumule vite.

Exemption pour les licences pétrolières et minières

Maintenant, la petite clause qui change tout pour certains secteurs : les détenteurs de licences pétrolières et minérales ne sont pas soumis à cette surtaxe de 6 %.

Pourquoi ? Parce que le Groenland dépend économiquement de l’extraction de ressources naturelles. Le gouvernement ne veut pas décourager les investissements lourds dans ces industries avec des pénalités fiscales imprévisibles. Si vous opérez dans le secteur minier ou pétrolier, vous avez donc une flexibilité que les autres entreprises n’ont pas.

C’est une niche. Et les niches, dans le monde de l’optimisation fiscale, ce sont des opportunités.

Qui paie réellement 25 % au Groenland ?

Sur le papier, toutes les sociétés groenlandaises. Dans la pratique ? Ça dépend.

Les entreprises locales de services (commerce, logistique, tourisme) paient généralement le taux plein. Elles n’ont pas de leviers d’optimisation complexes. Leurs marges sont souvent serrées, et la surtaxe peut mordre dans leur trésorerie si elles sous-estiment leurs acomptes.

Les multinationales présentes au Groenland, en revanche, structurent souvent leurs opérations via des filiales danoises ou islandaises. Elles utilisent des conventions fiscales pour éviter la double imposition et optimisent les prix de transfert. Le taux effectif qu’elles paient ? Probablement inférieur à 25 %.

Les sociétés extractives (mines, pétrole) ? Elles bénéficient d’exemptions spécifiques et négocient parfois des accords fiscaux sur mesure avec le gouvernement groenlandais. Le taux nominal de 25 % n’est qu’un point de départ pour elles.

Planification fiscale : ce que vous devez anticiper

Si vous envisagez de créer une société au Groenland, voici ce que je vous recommande de surveiller :

1. Provisionnez correctement vos acomptes

Ne sous-estimez jamais votre bénéfice imposable. La surtaxe de 6 % est évitable si vous anticipez correctement vos résultats. Travaillez avec un comptable local qui comprend les spécificités du système fiscal groenlandais.

2. Explorez les conventions fiscales via le Danemark

Le Groenland n’a pas de réseau de conventions fiscales propre. Mais comme il est lié au Danemark, certaines conventions danoises peuvent s’appliquer. Vérifiez si votre pays de résidence ou votre structure holding peut bénéficier de taux réduits de retenue à la source sur les dividendes ou intérêts.

3. Documentez vos prix de transfert

Si vous avez des transactions intra-groupe, les autorités fiscales groenlandaises (et danoises, par extension) scrutent de plus en plus les prix de transfert. Assurez-vous que vos transactions respectent le principe de pleine concurrence.

4. Secteur extractif : négociez avant de vous installer

Si vous êtes dans le pétrole ou les mines, ne vous contentez pas du régime standard. Le gouvernement groenlandais est ouvert aux discussions pour attirer les investissements lourds. Engagez un conseiller fiscal local pour structurer votre implantation avant de signer une licence.

Mon avis pragmatique

Le Groenland n’est pas un paradis fiscal. Loin de là. Avec un taux de 25 % et une surtaxe punitive pour les retardataires, ce n’est pas une juridiction optimale pour l’optimisation fiscale agressive.

Mais.

Si vous opérez dans les ressources naturelles, si vous avez besoin d’une présence physique dans l’Arctique, ou si vous structurez une activité régionale via le Danemark, le Groenland peut avoir du sens. Le régime est prévisible, stable, et la charge administrative reste modérée comparée à d’autres juridictions européennes.

Pour les entrepreneurs individuels ou les PME cherchant à échapper à la pression fiscale de leur pays d’origine ? Ce n’est probablement pas la solution. Le climat, l’isolement, et l’absence de réelle communauté d’expatriés fiscaux rendent le Groenland peu attrayant pour la relocalisation personnelle.

Comme toujours, la stratégie fiscale dépend de votre modèle d’affaires, de vos clients, et de vos objectifs à long terme. Le Groenland est un outil dans la boîte. Pas une panacée.

Je continue d’auditer les régimes fiscaux arctiques et de mettre à jour mes données régulièrement. Si vous avez des informations officielles récentes ou des retours d’expérience sur la fiscalité des entreprises au Groenland, n’hésitez pas à me contacter ou à revenir consulter cette page. Les règles évoluent, et je m’assure que mes lecteurs disposent toujours des informations les plus fiables.

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