Impôt sur le revenu au Vietnam : analyse des taux (2026)

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Dernière vérification manuelle : 06 février 2026 · En savoir plus →

Je reçois régulièrement des messages de lecteurs qui me demandent si le Vietnam est encore intéressant fiscalement. La réponse courte : ça dépend. La réponse longue ? Lisez ce qui suit.

Le Vietnam applique un système d’imposition progressif sur les revenus des personnes physiques. Pas de flat tax ici. Plus vous gagnez, plus vous payez. Classique. Mais les détails comptent.

Le barème : sept tranches pour vous coincer

L’administration fiscale vietnamienne découpe vos revenus en sept tranches. Chaque tranche est taxée à un taux différent. Simple en théorie. En pratique, la complexité administrative vietnamienne peut transformer une déclaration en cauchemar bureaucratique.

Voici le barème actuel en 2026, exprimé en millions de dongs vietnamiens (VND) :

Revenu imposable minimum (VND millions) Revenu imposable maximum (VND millions) Taux d’imposition
0 60 5%
60 120 10%
120 216 15%
216 384 20%
384 624 25%
624 960 30%
960 Au-delà 35%

Pour vous donner une idée, 60 millions de dongs représentent environ 2 400 $ par an (en fonction du taux de change actuel oscillant autour de 25 000 VND pour 1 USD). Pas énorme. La première tranche couvre donc des revenus très modestes.

À partir de 960 millions de VND annuels (environ 38 400 $), vous êtes dans la tranche maximale à 35%. Ce n’est pas la Suède, mais ce n’est pas non plus Dubaï.

Qui est résident fiscal au Vietnam ?

Question cruciale. Toujours.

Le Vietnam considère généralement qu’une personne est résidente fiscale si elle remplit l’une de ces conditions :

  • Présence physique de 183 jours ou plus sur une année civile ou sur 12 mois consécutifs à cheval sur deux années
  • Lieu de résidence habituel ou contrat de location au Vietnam, quelle que soit la durée de présence

Les résidents fiscaux sont imposés sur leurs revenus mondiaux. Les non-résidents uniquement sur les revenus de source vietnamienne. Nuance importante si vous structurez correctement.

Ce que l’administration considère comme revenu imposable

L’assiette fiscale vietnamienne est large. Très large. Elle inclut :

  • Salaires et traitements
  • Primes et avantages en nature
  • Revenus d’activités indépendantes
  • Revenus de capitaux mobiliers (dividendes, intérêts)
  • Revenus locatifs
  • Gains en capital sur cessions immobilières ou de titres
  • Droits d’auteur et royalties
  • Gains de loterie et jeux de hasard

Certains revenus bénéficient de régimes spécifiques ou de retenues à la source libératoires. Mais ne comptez pas sur la simplicité.

Déductions et abattements : la carotte administrative

Le système vietnamien prévoit des déductions personnelles. Elles réduisent votre revenu imposable avant application du barème.

En 2026, les montants standards sont :

  • Abattement personnel : 11 millions VND par mois (environ 440 $ ou 132 millions annuels, soit 5 280 $)
  • Abattement par personne à charge : 4,4 millions VND par mois et par dépendant (environ 176 $ ou 52,8 millions annuels, soit 2 112 $)

Ces montants sont ajustés périodiquement. Vérifiez toujours.

Certaines dépenses peuvent également être déduites : cotisations sociales obligatoires, assurances, contributions charitables dans les limites fixées. Mais la documentation requise est lourde.

Exemple pratique : calculer votre impôt

Prenons un expatrié célibataire, sans personne à charge, gagnant 500 millions VND par an (environ 20 000 $).

Revenu brut annuel : 500 millions VND
Abattement personnel : 132 millions VND
Revenu imposable : 368 millions VND

Application du barème :

  • 0 à 60 millions à 5% = 3 millions VND
  • 60 à 120 millions à 10% = 6 millions VND
  • 120 à 216 millions à 15% = 14,4 millions VND
  • 216 à 368 millions à 20% = 30,4 millions VND

Impôt total : 53,8 millions VND (environ 2 152 $).

Taux effectif d’imposition : environ 10,8% du revenu brut. Raisonnable pour cette tranche de revenus.

Maintenant, imaginez un revenu de 2 milliards VND annuels (environ 80 000 $). Après abattement, vous êtes à 1 868 millions imposables. Vous entrez massivement dans les tranches supérieures. Le taux effectif grimpe rapidement vers 25-28%.

Les pièges à éviter

Premier piège : la retenue à la source. Au Vietnam, les employeurs effectuent généralement des retenues mensuelles. Si vous avez plusieurs sources de revenus ou si vous travaillez en freelance, vous devez déclarer et régulariser vous-même. L’administration ne vous rappellera pas gentiment vos obligations.

Deuxième piège : la documentation. Les autorités fiscales vietnamiennes aiment les justificatifs. Papier. Tampons. Traductions certifiées. Si vous ne pouvez pas prouver vos déductions, elles seront rejetées.

Troisième piège : les revenus étrangers. Si vous êtes résident fiscal, vos revenus mondiaux sont théoriquement imposables. Mais l’application pratique dépend des conventions fiscales, de la traçabilité de vos flux et de votre volonté de coopérer avec l’administration.

Quatrième piège : la langue. Les formulaires fiscaux sont en vietnamien. Les agents du fisc parlent rarement anglais. Engager un comptable local n’est pas une option, c’est une nécessité.

Conventions fiscales internationales

Le Vietnam a signé des conventions fiscales avec plus de 80 pays. Elles visent à éviter la double imposition. Si vous percevez des revenus d’un pays ayant signé une convention, vous pouvez généralement obtenir un crédit d’impôt ou une exonération partielle.

Mais attention : obtenir le bénéfice de ces conventions nécessite souvent un certificat de résidence fiscale de votre pays d’origine. Procédure lente. Bureaucratie assurée.

Mon verdict sur le Vietnam fiscal

Le Vietnam n’est pas un paradis fiscal. Loin de là. Mais ce n’est pas non plus l’enfer scandinave.

Pour les revenus modestes à moyens (jusqu’à 30 000-40 000 $ par an), la pression fiscale reste supportable, surtout avec les abattements. Le coût de la vie relativement bas compense largement.

Pour les hauts revenus, le taux marginal à 35% commence à mordre sérieusement. À ce niveau, d’autres juridictions deviennent plus attractives si vous structurez intelligemment.

Le vrai problème du Vietnam n’est pas tant le taux d’imposition que la complexité administrative, l’arbitraire potentiel et le manque de transparence. Vous devez avoir un comptable de confiance. Vraiment.

Si vous envisagez le Vietnam comme base fiscale, posez-vous ces questions : vos revenus sont-ils principalement locaux ou étrangers ? Êtes-vous prêt à gérer la bureaucratie locale ? Avez-vous un plan B si les règles changent ?

Car elles changent. Régulièrement. C’est l’Asie du Sud-Est.

Je continue de surveiller l’évolution des règles fiscales vietnamiennes. Si vous avez accès à des documents officiels récents ou si vous constatez des divergences avec ma synthèse, envoyez-moi un email. Je mets cette base de données à jour en permanence. Revenez consulter cette page dans quelques mois si vous planifiez une installation.

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