Honduras : coûts de création d’entreprise analysés (2026)

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Dernière vérification manuelle : 06 février 2026 · En savoir plus →

Le Honduras n’est pas le premier endroit auquel on pense quand on veut créer une société offshore. Pourtant, certains y voient un terrain de jeu intéressant pour échapper à la pression fiscale du Nord. Moi, j’y vois surtout une juridiction sous-estimée, avec des coûts de création et de maintenance relativement bas – mais aussi une bureaucratie qui peut te surprendre si tu ne fais pas tes devoirs.

Parlons chiffres. Pas de discours théorique : voici ce que tu devras débourser si tu veux incorporer une Sociedad de Responsabilidad Limitada (S. de R.L.), l’équivalent local d’une LLC, au Honduras en 2026.

Combien coûte la création d’une S. de R.L. au Honduras ?

La création d’une société au Honduras n’est pas gratuite. Loin de là. Mais comparée à certaines juridictions européennes ou nord-américaines, elle reste accessible.

Voici la décomposition des coûts initiaux :

Poste de dépense Coût (HNL)
Frais de notaire et honoraires juridiques (acte public) L 15 000
Frais d’inscription au Registre du Commerce (base L 200 + L 1,50 par L 1 000 de capital) L 207,50
Publication au Journal Officiel (La Gaceta) L 1 300
Autorisation des livres comptables et légaux (environ L 11 par page) L 5 000
Permis d’exploitation municipal initial (Permiso de Operación) L 1 500
Total des coûts initiaux L 23 007,50

Soit environ 920 USD au taux actuel (25 HNL ≈ 1 USD). C’est clairement moins cher qu’en Europe de l’Ouest, où les frais de notaire seuls peuvent parfois dépasser ce montant.

Capital minimum et versement initial

Point important : le Honduras exige un capital social minimum de L 5 000 (environ 200 USD). Ce capital doit être entièrement libéré au moment de la constitution. Pas de versement échelonné ici. Si tu ne veux pas bloquer cette somme, cherche ailleurs.

Le notaire est incontournable. C’est lui qui authentifie l’acte de création et le transmet au Registre du Commerce. Ses honoraires représentent la plus grosse part des coûts initiaux. Tu peux négocier, mais ne t’attends pas à un miracle.

Et après ? Les coûts de maintenance annuels

Créer une société, c’est une chose. La maintenir en conformité, c’en est une autre. Le Honduras exige plusieurs dépenses récurrentes, et si tu négliges l’une d’entre elles, tu risques des amendes ou pire : la radiation.

Poste de dépense Coût annuel (HNL)
Renouvellement du permis d’exploitation municipal L 850
Cotisation annuelle à la Chambre de Commerce L 1 000
Services comptables et déclarations fiscales obligatoires (estimation) L 24 000 – L 37 150
Total annuel minimum L 25 850
Total annuel maximum L 63 000

Soit entre 1 034 USD et 2 520 USD par an.

La grande variable ici, c’est la comptabilité. Si ton activité est simple (factures en nombre limité, peu d’opérations), tu restes dans le bas de la fourchette. Mais si tu bâtis une structure complexe, avec des transactions internationales, tu peux vite grimper.

La cotisation à la Chambre de Commerce

C’est une obligation méconnue des étrangers. Toute société doit être affiliée à la Chambre de Commerce locale. L 1 000 par an, ce n’est pas grand-chose, mais c’est un énième échelon bureaucratique à ne pas oublier.

Le permis municipal

Chaque municipalité au Honduras gère son propre système de permis d’exploitation. Les montants varient. L 850 est une estimation pour Tegucigalpa ou San Pedro Sula. Dans des municipalités plus petites, ce peut être moins cher – ou plus compliqué à obtenir.

Pourquoi ces coûts restent intéressants

Comparons rapidement. Aux États-Unis, une LLC dans le Delaware te coûtera environ 90 USD de création (franchise tax initiale) + 300 USD/an de registered agent + comptabilité. Au Royaume-Uni, une Ltd coûte £12 à incorporer, mais la comptabilité annuelle tourne autour de £800-£1 200. Au Panama, les frais de registered agent oscillent entre 400 et 800 USD par an.

Le Honduras se situe dans le bas du spectre pour l’Amérique latine. Pas le moins cher (le Belize ou certaines juridictions caribéennes sont moins chères), mais bien placé si tu veux une présence réelle avec un bureau physique et un minimum de substance.

Attention : je ne dis pas que le Honduras est un paradis fiscal. L’impôt sur les sociétés est de 25 %. Pas de régime offshore. Si tu factures depuis le Honduras, tu paies au Honduras. Mais si ton activité est extraterritoriale et que tu structures intelligemment ta holding, il y a des opportunités.

Les pièges à éviter

Premier piège : la langue. Tous les documents officiels sont en espagnol. Si tu ne le parles pas couramment, tu seras dépendant d’un avocat local. Choisis-le bien. Les incompétents pullulent.

Deuxième piège : la lenteur administrative. Le Registre du Commerce peut prendre des semaines pour traiter un dossier, surtout si tu as fait la moindre erreur dans tes statuts ou ton acte constitutif. Anticipe les délais.

Troisième piège : la substance. Si tu crées une coquille vide pour éviter l’impôt ailleurs, tu risques gros avec les nouvelles régulations OCDE (BEPS, CRS). Le Honduras a signé les conventions d’échange automatique d’informations. Ton compte bancaire hondurien sera rapporté à ton pays de résidence fiscale.

Mon verdict

Le Honduras n’est pas une solution miracle. C’est une juridiction low-cost pour qui veut une présence réelle en Amérique centrale, avec des coûts de création sous les 1 000 USD et des coûts de maintenance entre 1 000 et 2 500 USD par an. Si tu veux éviter l’impôt, ce n’est pas l’endroit – sauf si ton activité est 100 % extraterritoriale et que tu maîtrises ton jeu juridique.

Pour un entrepreneur digital qui veut un pied-à-terre en Amérique latine sans se ruiner, c’est une option. Pour un investisseur patrimonial cherchant à protéger ses actifs, regarde ailleurs.

Je continue de surveiller les évolutions réglementaires au Honduras. Si tu as des sources officielles récentes ou des retours d’expérience, envoie-moi un email – je mets mes bases à jour régulièrement. Et si tu hésites encore entre plusieurs juridictions, n’oublie pas : le coût de création n’est jamais le seul critère. La stabilité politique, la qualité du système bancaire, et ta propre liberté de mouvement comptent tout autant.

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