Entreprise individuelle à Cuba : ce qu’il faut savoir (2026)

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Dernière vérification manuelle : 06 février 2026 · En savoir plus →

Cuba. Un pays qui fascine autant qu’il dérouille ceux qui essaient d’y faire du business. Vous cherchez à comprendre comment fonctionne le statut de travailleur indépendant ici ? Vous êtes au bon endroit. Je vais vous expliquer ce qu’est le Trabajo por Cuenta Propia (TCP), comment ça marche en 2026, et surtout, ce que ça va vous coûter.

Parce que oui, Cuba autorise le travail indépendant. Mais ne vous emballez pas : ce n’est pas une partie de plaisir.

Le TCP, c’est quoi exactement ?

Le Trabajo por Cuenta Propia (TCP) est l’équivalent cubain du statut de travailleur indépendant ou d’auto-entrepreneur. En gros, c’est le seul moyen légal pour un individu de travailler à son compte sans créer une structure plus lourde.

Ce statut existe depuis des années, mais le régime cubain l’a modifié plusieurs fois. Dernière réforme en date : 2021, avec des ajustements constants jusqu’à aujourd’hui. En 2024, le régime fiscal simplifié a été supprimé. Tout le monde passe désormais par le Régime Fiscal Général.

Traduction : plus de paperasse, plus de contrôle, plus de taxes.

Les obligations fiscales et sociales : ce que l’État cubain va vous prendre

Vous pensiez échapper à l’impôt en allant à Cuba ? Détrompez-vous. Le TCP est soumis à un ensemble d’obligations qui vont vous rappeler que l’État cubain a besoin de liquidités. Voici le détail.

1. Taxe sur les Ventes et Services : 10 % du chiffre d’affaires mensuel

Premier prélèvement : une taxe de 10 % sur votre revenu brut mensuel. Peu importe vos charges, vos dépenses, vos galères. L’État cubain prend 10 % de tout ce qui rentre.

Exemple : vous facturez 50 000 pesos cubains (CUP) dans le mois ? Vous devez 5 000 CUP (~208 USD au taux officiel, mais bon courage pour convertir à ce prix-là dans la vraie vie).

2. Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques (IRPP)

Ça se corse. En plus de la taxe sur les ventes, vous payez un acompte mensuel de 5 % sur tout revenu mensuel dépassant 3 270 CUP (~136 USD).

Ensuite, à la fin de l’année, vous passez à la caisse avec un barème progressif qui va de 15 % à 50 %. Oui, 50 %. Pour un travailleur indépendant dans un pays où le salaire moyen officiel tourne autour de 4 000 CUP par mois, c’est assez surréaliste.

Le barème exact n’est pas publié dans mes sources officielles, mais les tranches existent bel et bien. Si vous gagnez bien votre vie en TCP, vous allez payer. Beaucoup.

3. Sécurité Sociale : 25 % sur une base déclarative

Vous devez cotiser à la Sécurité Sociale cubaine. Le taux est de 25 %, mais la base de calcul n’est pas votre revenu réel. Vous choisissez une tranche de revenu parmi celles proposées par l’administration.

C’est un système à la fois opaque et rigide. Vous ne pouvez pas payer en fonction de vos revenus réels : vous déclarez une catégorie, et vous payez en fonction de celle-ci. Si vous sous-estimez vos revenus, vous risquez des pénalités. Si vous surestimez, vous payez trop. Bref, une loterie administrative.

4. Comptabilité : simplifiée… jusqu’à un certain point

Si votre chiffre d’affaires annuel est inférieur à 500 000 CUP (~20 800 USD), vous pouvez tenir un simple Registre de Revenus et Dépenses. Pas besoin d’un comptable, en théorie.

Au-delà de ce seuil, vous devez passer à une comptabilité complète. Ce qui signifie : embaucher un comptable, gérer des factures officielles, et vous préparer à des contrôles fiscaux.

Pas de limite de chiffre d’affaires… mais pas de liberté non plus

Contrairement à d’autres pays, il n’y a pas de plafond de chiffre d’affaires pour le TCP. Vous pouvez théoriquement gagner autant que vous voulez.

Mais attention : plus vous gagnez, plus vous êtes visible. Et plus vous êtes visible, plus l’administration cubaine va s’intéresser à vous. Les contrôles fiscaux sont fréquents, surtout si vous travaillez dans des secteurs « sensibles » (tourisme, restauration, services aux étrangers).

Et puis, il y a la réalité du terrain : l’économie cubaine est à deux vitesses. Si vous travaillez en pesos cubains (CUP), vous survivez. Si vous arrivez à facturer en devises (via des clients étrangers, des plateformes en ligne, etc.), vous vivez mieux. Mais là encore, l’État surveille. Les transferts internationaux sont complexes, et les comptes en devises sont scrutés.

Les secteurs autorisés : la liste qui change tout le temps

Le gouvernement cubain publie une liste des activités autorisées pour les TCP. Cette liste évolue régulièrement. Certains secteurs sont complètement interdits (avocats, architectes, certains métiers réglementés). D’autres sont tolérés, mais avec des restrictions.

En 2021, le régime avait élargi la liste. Puis, en 2023-2024, il a resserré la vis sur certains secteurs jugés « trop lucratifs » ou « stratégiques ». Si vous envisagez de lancer une activité en TCP, vérifiez avant que votre secteur est autorisé. Et même si c’est le cas aujourd’hui, rien ne garantit que ça le sera demain.

Les sources officielles pour consulter la liste des activités autorisées sont disponibles sur les sites de l’ONAT (Office National de l’Administration Fiscale) et du Ministère du Travail et de la Sécurité Sociale.

Les pièges à éviter

Trois choses à garder en tête si vous envisagez sérieusement de travailler en TCP à Cuba :

1. La bureaucratie est étouffante

Chaque démarche prend du temps. Beaucoup de temps. Les files d’attente sont longues, les fonctionnaires peu aimables, et les procédures changent sans préavis. Si vous n’êtes pas patient, vous allez souffrir.

2. Les devises sont un casse-tête

Cuba a unififié sa monnaie en 2021 (fin du CUC), mais les transactions en devises restent compliquées. Si vous êtes étranger et que vous voulez rapatrier de l’argent, préparez-vous à des obstacles. Les banques cubaines ne facilitent rien, et les restrictions sur les transferts internationaux sont strictes.

3. Le contexte politique est instable

Le régime cubain ajuste ses règles en fonction de ses besoins économiques. Si l’État décide que les TCP gagnent trop, il serre la vis. Si l’économie s’effondre, il desserre un peu. Vous êtes à la merci de décisions politiques que vous ne contrôlez pas.

Alors, le TCP à Cuba, c’est viable ?

Ça dépend. Si vous êtes cubain, que vous n’avez pas d’autre option, et que vous arrivez à naviguer dans le système, oui, c’est possible. Des milliers de Cubains vivent de leur TCP, notamment dans la restauration, le tourisme, ou les services.

Si vous êtes étranger, que vous cherchez une structure légale pour faire du business à Cuba… je dirais : réfléchissez bien. Les charges fiscales sont élevées, la bureaucratie est lourde, et le risque politique est réel. À moins que vous n’ayez un projet très spécifique (et des contacts locaux solides), il y a probablement de meilleures options ailleurs.

Je continue d’auditer les juridictions caribéennes et latino-américaines. Si vous avez des documents officiels récents sur le TCP à Cuba, ou si vous avez une expérience concrète à partager, envoyez-moi un email ou repassez ici plus tard. Je mets à jour ma base de données régulièrement.

Pour consulter les textes officiels, rendez-vous sur le site de la Gazette Officielle de Cuba ou celui du Ministère des Finances et des Prix.

Cuba n’est pas un paradis fiscal. Loin de là. Mais si vous savez ce que vous faites, et que vous acceptez les contraintes, le TCP peut être un outil. Juste… ne vous attendez pas à des miracles.